Le marché de la cocaïne est en pleine expansion en Europe : c’est la deuxième drogue la plus consommée sur le continent européen. La « guerre contre la drogue » aux sources même de sa production reste difficile, notamment en Amérique Latine.
Comment expliquer l’ampleur alarmante que prend désormais le trafic de cocaïne ?
L’Europe était auparavant un pays consommateur d'héroïne en provenance d'Asie. Mais, depuis 1999 la cocaïne provenant des pays andins, est détournée pour l’Europe à cause de l'influence de certaines mafias. Résultat, aujourd’hui l'Europe détient la deuxième place dans le monde en matière de consommation de cocaïne, après les Etats-Unis. La production, le trafic et la consommation illicites de cocaïne, auparavant considérés comme concernant principalement les Etats-Unis, revêtent de plus en plus une dimension mondiale. Le trafic de cocaïne génère des milliards de dollars chaque année. Les organisations criminelles utilisent ces profits pour acquérir du pouvoir et pour financer d’autres groupes de malfaiteurs, des terroristes et des insurrections.
L'action déterminée menée par les Etats-Unis contre le trafic et la consommation de ce produit sur leur territoire a abouti progressivement à une saturation du marché nord-américain et à un report vers l'Europe, où l'arrivée de cocaïne progresse chaque année. Sur une production mondiale de cocaïne estimée à prés de 1000 tonnes, les experts internationaux estiment que la quantité importée d'Amérique Latine à destination du marché européen ne cesse de croître et dépasserait actuellement 200 tonnes. Le flux de trafic en direction de l'Europe transite principalement par les départements d'outremer.
Le grand trafic est maritime et aboutit principalement en Espagne sur les côtes de Galice, au Portugal, ainsi qu'aux Pays-Bas dans le port de Rotterdam. Il met également à profit la sous-organisation de certains pays de la côte ouest africaine où il trouve aisément des portes d'entrées. Par ailleurs, un trafic régulier par voie aérienne est opéré par des petits porteurs.
Ainsi en France, le trafic des passeurs aux aéroports continue d'augmenter de façon considérable à l'image de ce que connaissent tous les aéroports européens. En 2003, les services français ont interpellés 280 passeurs, recrutés par les cartels de la drogue pour transporter in corpore, ou dans leurs bagages des quantités de cocaïne allant de 300 gr à 5 kg, le total des saisies aux aéroports s'élevant à 800 kg de cocaïne pour cette seule année. Pour la France, l'ensemble des saisies de cocaïne effectuées en 2003 s'élevait à 4 173 kg, soit 14% de plus qu'en 2002, mais reste très inférieur à celles, dix fois plus importantes, opérées en Espagne (46 tonnes en 2003). Les interpellations de trafiquants ont également fortement augmenté, puisqu'elles sont passées d'environ 1 600 en 2002 à plus de 2 000 pour l'année
2003. Si l'on compte parmi eux plus de 600 trafiquants étrangers, le banditisme français s'est lui aussi impliqué, de longue date, dans ce trafic.
D’autre part nous appellerons les « mules » du trafic, des personnes qui risquent leur vie pour transporter la drogue. Ce trafic implique des personnes de multiples nationalités et de tous âges qui risquent ainsi leur vie et leur liberté. Arrêtés parfois aux frontières avec des chargements ingérés qui peuvent aller jusqu’au kilo de drogue, plusieurs transporteurs sont souvent prévus sur le même vol pour assurer la réussite d’au moins un passage. Malgré les efforts du gouvernement colombien pour communiquer sur la lutte contre le narcotrafic, la naïveté de ces transporteurs, la promesse de beaucoup d’argent ainsi que leur situation sociale font que cette pratique demeure encore. Ceux qui se retrouvent dans ces réseaux ne peuvent faire marche arrière, particulièrement en raisons des menaces qui pèsent ensuite sur leur vie et celle de leur proches de la part des dealers.
Exemple : Film
Il est possible que la production de cocaïne soit sous-estimée par les services officiels, notamment américains, entraînant une baisse générale de la vigilance et plus de marge de manœuvre pour les narcotrafiquants. Alors que l’Italie devient le premier pays consommateur de cocaïne au sein de l’Union Européenne, les chiffres font état d’une banalisation, d’une augmentation et d’une « démocratisation » de sa consommation. L’Europe est ainsi le deuxième marché visé par les narcotrafiquants après les Etats Unis. L’Union européenne doit prendre conscience de cette augmentation du trafic de cocaïne et envisager un renforcement de sa politique de lutte contre le crime organisé et le trafic de stupéfiants.
Aujourd’hui la cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe, après le cannabis. D’abord réservée aux élites elle est en voie de démocratisation et utilisée dans les milieux festif (raves, soirées privées, discothèques…). Chaque année, son occupation et sa consommation augmentent de façon inquiétante sur l’ensemble du continent européen. Tenter d’enrayer efficacement un tel problème doublé d’un trafic qui, par définition, ne connaît pas de frontière, implique que des solutions préventives comme répressives, ne peuvent s’envisager qu’à l’échelle du continent. Toute politique anti-drogue doit préalablement reposer sur une prise de conscience et être suivie.
Si nous faisons un état des lieux, les plus importants pays producteurs de cocaïne sont situés en Amérique latine. La Colombie, la Pérou, et la Bolivie se partagent le marché. En ce début de XXIème siècle, selon les sources officielles américaines, les plantations d’arbustes à coca (repérées par renseignement, survol ou satellite) dans la côte nord de l’Amérique latine produisent annuellement 900 ou 1000 tonnes de cocaïne.
La saturation du marché américain, première destination du trafic, oblige les trafiquants à se tourner de plus en plus vers l’Europe. Ceci explique que l’offre augmentant, les prix baissent, entraînant une augmentation de consommation. La coca devient cocaïne dans les laboratoires clandestins, puis transite dans les Caraïbes, l’Amérique Centrale et le Mexique avant de pénétrer sur le territoire du premier consommateur mondial : les Etats-Unis. Pour l’Europe, le transport est maritime et arrive par les différents ports d’Espagne en effet si nous regardons sa situation géographique, l’Espagne est particulièrement préoccupante, puisque transite par ce pays prés de la moitié de la drogue est destinée à l’Europe. En effet, la plupart des routes d’acheminement de la drogue (sud-américaines, africaines, maghrébines), convergent vers l’Espagne. Ce pays est la principale porte d’entrée du trafic pour ces deux raisons valables :
Parfois la drogue peut faire escale dans les pays de la côte atlantique de l’Afrique.
Il faut savoir qu’au début du XXème siècle, les Hollandais sont parvenu à adapter la plante dans l’île de Java qui devient pendant quelques années le premier producteur mondial. Les Japonais l’acclimateront à Taiwan pour leur part. C’est donc la production asiatique qui alimente le premier boom de la consommation de cocaïne entre 1910 et 1940. Puis les conférences internationales font appliquer des mesures d’interdiction poussant indirectement les pays andins dans une activité illicite qui sera centrale dans leur économie et dans leurs rapports avec les Etats-Unis.
C’est à partir des années 1960 que les pays andins développent vraiment leur production afin de répondre au second boom de la consommation de cocaïne.
Le trafic est en fait la conséquence de l’utilisation de la coca sous forme de drogue, et sources de conflits.
Dernièrement, en mars 2008 l’ONU le gouvernement péruvien et bolivien a demandé d’interdire la production de coca, que se soit pour l’usage traditionnel ou non.
Voici la carte de ce trafic
Mais il y a une chose importante à préciser : l’argent de la drogue va au Nord !
Le commerce illicite entrave le développement durable et humain et ne contribue ni à la croissance, ni à la prospérité économique des pays producteurs. En effet, les agriculteurs (producteurs de la matière première) ne reçoivent que 1% de l’argent dépensé par les consommateurs, alors que les trafiquants, d’un bout à l’autre de la chaîne commerciale, perçoivent les 99% restants. Et l’essentiel de ces 99% des gains générés par le trafic circulent entre les mains des dealers des pays de consommation (74% aux Etats-Unis).
Les pays producteurs sont d’autre part pénalisés en raison de l’entrave à la croissance que produit l’économie de la drogue. L’Etat de droit est compromis, la corruption augmente, les actes de violences sont en hausse, la société civile est confrontée à l’économie souterraine, la cohésion sociale est menacée…et les capitaux vont s’investir ailleurs! L’Organe n’a trouvé aucun élément permettant de penser que l’expansion des cultures illicites conduit à une amélioration d’un indicateur plus général du développement. Raison pour laquelle l’OICS réaffirme indispensable que la communauté internationale offre son aide en matière de lutte contre la drogue aux pays concernés.
Un trafic de consommationL’Europe a connu une augmentation des saisies au cours des dernières années, ce qui confirme l’arrivée à maturité du marché de la cocaïne en Europe de l’Ouest. Des informations récentes, provenant notamment des pays du Nord, semblent indiquer que les jeunes adultes délaissent de plus en plus les stimulants de type amphétamine (STA) en faveur de la cocaïne. Cette évolution de la consommation résulte probablement de l’augmentation de l’offre et de la baisse du prix de la cocaïne, ainsi que des campagnes de lutte des gouvernements contre la consommation de stimulants de type amphétamine. Les pays d’Europe de l’Est semblent pour l’instant ne pas avoir de problèmes importants de trafic et de consommation de cocaïne. Certains indices permettent cependant de penser que des organisations criminelles d’Europe de l'Est et du Sud sont impliquées dans la distribution de cocaïne dans le monde entier, et qu’un marché de la cocaïne est peut-être en train de se développer en Europe de l’Est.
Plusieurs pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Océanie et de certaines régions d’Afrique signalent une augmentation de la consommation de cocaïne. Par ailleurs, les effets secondaires du trafic de cocaïne que sont la violence, la corruption et les conséquences de la toxicomanie sont de plus en plus sensibles dans les pays de production et de transit, ainsi que chez leurs voisins d’Amérique centrale et du Sud.
La Colombie (25 à 30 000ha).Elle est surtout un grand pays transformateur qui sert de relais vers les Etats-Unis.
Le trafic de drogue est un objet éminemment géopolitique : il soulève en effet des luttes de pouvoir pour contrôler des territoires et des richesses. Ces richesses, ce sont des cultures illicites particulièrement lucratives qui touchent des laboratoires de transformation. Pour contrôler ces lieux de production, les hommes qui cultivent les drogues sont littéralement mobilisés par des trafiquants ou, le plus souvent, par des groupes insurrectionnels. Cette mobilisation des hommes est l’une des originalités de la drogue. Sur les 30 conflits locaux qui se déroulent actuellement à l’échelle du globe, 25 ont une composante drogue, y compris dans le cas de l’Angola (où le conflit ressemble plus à une guerre à gros moyens qu’à un conflit local).
Maria Pleine de Grâce, de Joshua Marston.(annexe)